Le lieu
7 rue Tramassac, 69005 Lyon
Le cabinet se trouve au 7 rue Tramassac, dans le cinquième arrondissement de Lyon, à quelques dizaines de mètres de la cathédrale Saint-Jean et au pied de la colline de Fourvière. Je ne l'ai pas choisi pour ce qu'il signifie. C'est lui, plutôt, qui a fini par me dire quelque chose — lentement, avec la patine de la patience et la friction de l'usure, à force d'y travailler chaque semaine.
Cette page explique ce que j'y ai lu. Elle ne prétend rien démontrer. N'étant pas spécialiste en ces domaines, je m'abstiendrai du reste.
Deux édifices, une pente
La rue Tramassac appartient au Vieux Lyon, ce tissu serré entre la Saône et la colline. En bas, à quelques dizaines de mètres, se tient la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, primatiale des Gaules, construite pour l'essentiel du XIIᵉ au XVᵉ siècle. À côté d'elle subsistent les vestiges du baptistère Saint-Jean, l'un des plus anciens de Gaule, dont les origines remontent au IVᵉ ou Vᵉ siècle. Avant d'être un lieu de parole, ce quartier a été un lieu d'eau.
En haut, la colline de Fourvière. Son nom vient du latin forum vetus, le « vieux forum » : c'est là que Rome a fondé Lugdunum en 43 avant notre ère. Les théâtres antiques y sont toujours debout, et la basilique Notre-Dame de Fourvière a été élevée entre 1872 et 1884, surmontée depuis 1852 de la Vierge dorée qui domine la ville et prend le soleil avant tout le monde.
Entre les deux, une pente d'une centaine de mètres de dénivelé. Le cabinet est posé dessus, à mi-chemin. Ce n'est pas une image : c'est la topographie exacte de l'adresse.
Ce que je vois ici
Je ne crois pas que les pierres aient des intentions. Je crois qu'elles organisent des perceptions, et que ces perceptions travaillent en nous sans nous demander notre avis. C'est à ce titre — et à ce titre seulement — que ce qui suit compte pour moi.
Saint-Jean dit l'eau. La pierre au bord du fleuve, les couches ensevelies, le baptistère où l'on descend avant de pouvoir se relever. Ce qui est lourd, ce qui est ancien, ce qui n'a pas encore été dit. Un lieu où l'on est reçu avant même d'avoir quoi que ce soit à raconter.
Fourvière dit le feu. L'élévation, la lumière, la statue dorée qui capte le jour et le renvoie sur la ville entière. Ce qui monte, ce qui aspire, ce qui cherche à voir plus loin que son propre point de départ.
Entre les deux, il n'y a pas d'opposition. Il y a un axe. On descend vers l'eau, on remonte vers la lumière, et le trajet se fait toujours dans les deux sens. C'est la forme la plus banale et la plus exacte de ce qui se passe dans un accompagnement : descendre jusqu'à ce qui pèse, le prendre au sérieux, ressentir ce qui se présente, puis laisser quelque chose se redresser. Ni l'un ni l'autre ne va sans l'autre. Une élévation sans descente est une fuite ; une descente sans remontée est un enlisement.
Je tiens à distinguer deux registres, parce qu'ils se confondent vite.
Le premier est documentaire : la géographie de ce quartier, l'histoire de ces deux édifices, leur position respective. Cela se vérifie, se date, se discute.
Le second est herméneutique : ce que cette configuration évoque pour moi, et la manière dont elle éclaire ma pratique. Cela ne se prouve pas, ne se mesure pas, et n'a aucune prétention à remplacer le premier registre. C'est une lecture, assumée comme telle, signée par celui qui la propose.

Le logo comme traduction
Je n'ai pas dessiné ce logo en pensant à Saint-Jean et à Fourvière. Il existait bien avant que je m'intéresse à la géométrie de ces deux édifices. C'est précisément cette antériorité de l'expérience qui m'a arrêté : quand une forme que l'on porte depuis des années se met soudain à décrire un lieu que l'on habite, il y a là quelque chose qui mérite d'être regardé plutôt que célébré. Avec étonnement, presque en contemplation, sans interprétation ni psychologisation. Rien d'autre que la réalité de ce qui est et le mystère irréductible à sa propre nature.
Le double cercle qui l'enserre délimite un espace. Dans la tradition alchimique, on appelle athanor le four où se conduit l'œuvre, et vase clos le récipient qui la contient : un espace fermé, protégé du dehors, où quelque chose peut se transformer parce que rien n'y entre plus au hasard. C'est une définition acceptable du cadre thérapeutique. L'inscription qui court sur le cercle — accueil et intégration, développement personnel, spiritualité — nomme ce qui se tient dans cet espace.
En bas, le crapaud. Dans l'iconographie alchimique, cet animal est volontiers associé à la prima materia : ce qui est humide, terrestre, enfoui, ce qui constitue le point de départ de toute œuvre parce que rien ne commence ailleurs. Il fait écho à ce que dit Saint-Jean : la matière première, ce qui rampe, ce qui pèse, l'ombre que l'on préférerait ne pas regarder.
En haut, la salamandre, baignée de flammes. L'animal qui vit dans le feu, qui ne le fuit pas, mais l'habite. L'élévation, la transmutation, ce que la tradition nomme la phase rouge : le moment où ce qui était plomb se révèle porteur d'autre chose.
Au centre, l'hexagramme : deux triangles, l'un qui pointe vers le haut, l'autre vers le bas, entrelacés. C'est la figure la plus ancienne et la plus simple de la formule hermétique — ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Le point de croisement, le lieu où deux directions contraires ne s'annulent pas, mais se nouent. Pour mieux faire apparaître ce qui doit être délié.
Je propose cette lecture comme une grille, pas comme une doctrine. Elle n'explique rien du monde. Elle m'aide à tenir une position en responsabilité et à en parler librement sans dogme, ni croyance, ni sentiment d'appartenance ni adhésion à un mode de pensée en particulier.
Une posture, non une croyance
L'alchimie souffre aujourd'hui du même sort que la physique quantique : tout le monde l'invoque, rares sont ceux qui l'ont pratiquée. On en fait un décor, un vocabulaire, une prétendue posture, parfois une marchandise. Je n'ai aucune envie d'ajouter à ce bruit. Ce qui m'intéresse est la clarté, la perspicacité et la pertinence.
Ce que j'appelle posture alchimique n'a rien de mystérieux, et n'exige aucune croyance particulière. C'est le travail de séparation et de recomposition qui se fait dans une rencontre et dans la dynamique même d'un accompagnement thérapeutique. Distinguer ce qui était mêlé. Supporter la phase trouble, celle où l'on a défait sans avoir encore reconstruit, et où tout semble pire qu'avant. Ne pas précipiter. Laisser se recomposer autrement, selon une logique qui n'est pas celle du projet, mais celle du vivant.
Nigredo, coniunctio : ce ne sont pas des étapes à franchir ni des grades à obtenir. Ce sont des noms anciens pour des moments que tout clinicien connaît, et que la langue ordinaire dit mal.
C'est en ce sens que ma pratique est analytique et intégrative. Elle part du sensible — ce qui se présente, ce qui se dit, ce qui se répète — et cherche à le rendre intelligible sans l'aplatir. Elle ne suppose aucun arrière-monde. Elle travaille au réel, avec les moyens du réel, dans le réel.
Le lieu n'explique pas la pratique. Il lui ressemble.
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